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Prévention du suicide: signes, prévention et ressources d’aide à Maison FAM'i

21 sept.
4 min de lecture

Septembre est le mois de la prévention du suicide, et chez Maison Fam’i, nous avions envie d’aborder ce sujet avec douceur, parce qu’il touche beaucoup plus de personnes qu’on pourrait le penser. 

Lorsqu’on parle de prévention du suicide , on imagine parfois des situations très graves, une personne dont la souffrance est devenue évidente ou une situation de crise. Pourtant, la détresse peut s’installer bien plus discrètement, parfois pendant des mois ou même des années, sans que l’entourage ne s’en rende compte. 

Elle peut toucher un enfant qui ne trouve pas les mots pour expliquer ce qu’il ressent, un adolescent qui se sent différent ou dépassé par ce qu’il traverse, un homme qui a appris à garder ses émotions pour lui, une femme qui porte beaucoup pour sa famille ou encore une personne qui, de l’extérieur, semble avoir une vie qui va parfaitement bien. 

La souffrance n’a pas d’âge, pas de sexe et pas toujours de visage. 

C’est particulièrement vrai chez les personnes qui ont l’habitude de tout gérer. 

Celles qui travaillent, qui ont des enfants, qui prennent soin de leur famille, qui pensent aux rendez-vous, aux repas, aux horaires, aux activités et à tout ce qui fait fonctionner le quotidien. Elles sont souvent perçues comme des personnes fortes, autonomes, organisées, capables de trouver une solution à presque tout. Et justement parce qu’elles ont toujours réussi à avancer, il peut devenir difficile pour elles de reconnaître qu’elles ont, elles aussi, besoin d’être soutenues. 

Chez les enfants et les adolescents, cela peut parfois prendre une autre forme. Un changement de comportement, davantage d’isolement, une irritabilité inhabituelle, une perte d’intérêt pour des activités qu’ils aimaient ou des difficultés qui semblent soudainement beaucoup plus grandes peuvent être des façons de montrer que quelque chose ne va pas, même lorsqu’ils n’arrivent pas encore à mettre des mots dessus. 

Et parfois, chez l’adulte, c’est exactement la même chose. On continue d’aller travailler, de s’occuper des autres, de faire ce qui doit être fait, tout en ayant de plus en plus de difficulté à trouver de l’espace pour soi. 

La maternité peut parfois accentuer cette tendance. L’arrivée d’un enfant demande énormément d’adaptation et peut complètement bouleverser l’équilibre que l’on avait avant. Pendant le postpartum, on parle beaucoup du bébé, de son sommeil, de son alimentation, de son développement, de son adaptation… mais le parent, lui, peut facilement passer au second plan. 

Il donne, il s’adapte, il se relève la nuit, il répond aux besoins de son enfant et il essaie de retrouver un équilibre entre sa vie de parent, sa vie professionnelle, son couple et sa propre identité. Et souvent, il se dit qu’il prendra du temps pour lui plus tard. 

Puis les mois passent. 

Les enfants grandissent, les responsabilités évoluent, mais cette habitude de se placer en dernier peut rester. On continue à avancer en mettant de côté ce que l’on ressent, jusqu’à ne plus vraiment savoir comment écouter ses propres besoins. 

C’est là que certains signaux méritent notre attention. 

Une fatigue qui devient permanente, une irritabilité inhabituelle, une perte d’envie, le sentiment d’être constamment dépassé ou encore cette impression de fonctionner en pilote automatique peuvent être des façons pour notre corps et notre esprit de nous dire que quelque chose demande à être entendu. 

Et il n’est pas nécessaire d’attendre que la situation devienne très difficile pour demander de l’aide. 

On peut chercher du soutien simplement parce qu’on se sent moins bien qu’avant. Parce qu’on ne se reconnaît plus vraiment. Parce qu’on a de la difficulté à gérer certaines émotions, à communiquer, à poser ses limites, à vivre une situation à l’école, au travail ou à la maison, ou encore parce qu’on ne trouve plus vraiment son équilibre. 

Demander de l’aide ne signifie pas que l’on est faible, que l’on ne s’en sort pas ou que notre situation est catastrophique. C’est parfois simplement reconnaître que l’on porte beaucoup depuis longtemps et que l’on aimerait ne plus avoir à tout porter seul. 

La prévention du suicide passe aussi par là : apprendre à reconnaître notre état intérieur, prendre nos émotions au sérieux et oser parler lorsque quelque chose devient trop lourd. 

Et cela vaut aussi pour les personnes qui nous entourent. 

Derrière un enfant qui semble aller bien, un adolescent qui s’enferme dans sa chambre, un collègue toujours souriant, un parent qui semble tout gérer ou une personne qui paraît forte et indépendante, il peut y avoir beaucoup de choses que personne ne voit. 

Alors plutôt que de simplement demander « ça va ? », prenez peut-être quelques minutes pour demander comment la personne va vraiment. Et surtout, laissez-lui la possibilité de répondre honnêtement, sans chercher immédiatement à minimiser ce qu’elle ressent ou à lui trouver une solution. 

Parfois, être véritablement écouté peut déjà faire une grande différence. 

Chez Maison Fam’i, nous croyons profondément qu’il n’est pas nécessaire d’attendre d’être complètement épuisé pour prendre soin de soi. Que ce soit après la naissance d’un enfant, pendant l’adolescence, lors d’une période de grands changements ou simplement parce que vous sentez que vous avez besoin de retrouver un peu d’espace pour vous, demander du soutien est une démarche saine et importante. 

Et si vous traversez actuellement une période où votre détresse devient importante, où vous avez l’impression de ne plus savoir comment avancer ou que vous avez des pensées qui vous inquiètent, ne restez pas seul(e) avec ce que vous vivez. Parlez-en à un proche, à un professionnel de la santé ou contactez une ressource spécialisée. 

Au Québec, vous pouvez appeler ou texter le 1 866 APPELLE (277-3553). Partout au Canada, le 9-8-8 est également disponible en tout temps pour offrir du soutien en situation de crise. En cas de danger immédiat, composez le 911. 

Parce que la prévention du suicide, ce n’est pas seulement intervenir lorsque la souffrance est devenue trop grande. 

C’est aussi apprendre à s’écouter plus tôt. 

À prendre soin de soi avant de ne plus avoir d’énergie. 

À accepter que derrière l’enfant, l’adolescent, le parent, la professionnelle, le professionnel, la conjointe, le conjoint ou la personne qui semble toujours savoir quoi faire, il y a simplement une personne qui a, elle aussi, besoin d’être soutenue. 

Et vous, comment allez-vous vraiment aujourd’hui ? 

 


 
 
 

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